lunes, 4 de junio de 2018

"Liée à son destin" por la escritora francesa Nathalie Medana, de la colección inédita "Capharnaüm Sentimental"

Liée à son destin

Liée à son destin qu’elle s’était créé. Elle mourut trop tôt.

Je suis lasse de t’attendre.


Savoir que tu vas un soir arriver comme si de rien n’était, le sourire aux lèvres. Propre. Nouvelle coupe de cheveux, nouveau costume, plus beau que jamais. Désirable. Savoir que je ne vais pas pouvoir m’empêcher de lire les petits mots d’amour que tu éparpilles toujours ; tu pars sans émettre un son. La maison lit tes mots par-dessus mon épaule. Des mots qui traduisent ton esprit, ta pensée. Ta noirceur.


Moi je suis ta soumise.      


Toi tu es l’empire des sens.


Et je me pers dans la chaleur de l’extase, dans la sueur de l’extase.


Je pleure mon dégout lorsque ni le bain, ni le vent auront nettoyé mon corps de tes traces impures,


Je suis marquée à vif.


Comment disparaitre et renaitre sous une autre étoile. Pouvoir bâtir un bonheur de tous les jours, sans que plaisir se sépare de l’amour.


Sans que plaisir soit violence.


Toi qui es vil, sinistre.


Tu m’as piégé comme toutes les autres avec des mots qui n’existaient pas dans mon vocabulaire, des mots qui n’étaient même pas dans la catégorie des romantiques.


Un soir de pleine lune, tu m’as possédé différemment, mais tu ne cherchais que ton plaisir et je suis devenue dépendante de cette drogue que tu éprouvais à travers moi.


Je n’étais que le trait d’union entre toi et ta partie obscure.


Après avoir engloutie d’elle tout ce qu’il pouvait, voyant qu’il ne restait que l’ombre d’un souvenir, il la laissa choir.


Il partit sans se retourner, sans un mot, sans un geste. 


Elle resta longtemps par terre, suffoquant son dégout, sa haine, sa dépendance,


Robert Delauney, todas las ilustraciones
Vomissant son image,     


Allongée sur une chaise longue, face à la mer, elle semblait avoir été absorbée par le soleil, séchée par le vent. Ses cheveux lui balayaient son visage. Impassible.

Les lettres s’estompaient.


Les lettres du passé qu’elle avait déterrée du fond de sa mémoire.


Les lettres prenaient leur envol.


Elle était sortie de la spirale.

Lui un soi-disant gentleman,

Elle, une de plus sur son chemin,

Le temps a glissé sur elle.

L’hiver s’était installé plus tôt que prévu.

Elle décida de côtoyer un peu la foule,

Emmitouflée dans mes gros pulls, j’avais décidé de sortir de chez moi. J’étais heureuse d’avoir pris cette décision. J’étais bien, détendue, heureuse, presque heureuse.

La ville était espiègle entre le brouillard et les lampions suspendus dans les rues.

Bus et taxis narguaient l’hiver, par leur couleurs vives.

Je me laissais mener par où mes pas voulaient bien me guider.

Une librairie, dans sa lumière chatoyante, m’invitait à rentrer.

Déambuler entre les rayons à caresser les couvertures des livres, me ravissait,

Témoins silencieux des états d’âme. Elle s’arrêta devant presque tous les livres effleurant les couvertures de ses doigts graciles, ouvrant les livres par ci par là, écoutant les murmures des gens de leur les pas feutrés, la musique de la caisse qui remercie l’acheteur, elle était ivre de la beauté du moment.

Il fallait que je parte, la nuit allait bientôt se coucher sur la ville, je n’avais jamais trop aimé cet instant.

Elle appréhendait de devoir affronter les fantômes du souvenir. Même si cela était lointain, le temps est parfois trompeur.


Se laisser noyer dans la lumière pour oublier.

Le titre d’un livre capta son attention. Elle le feuilleta longuement, buvant les mots, elle était transportée par cet hymne de beauté,

Lorsqu’une voix vint me glacer le corps.

Figée je n’osais me retourner de peur de reconnaître le visage de celui qui m’avait tué.

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